dimanche 15 avril 2012

SWEETBACK SUNDAY NUMBER 38



The Sweetback Sunday is the radioshow of Colonel Sweetback. Based on the exploration of the soundtracks of the 60's70's, this show will introduce you to all the great composition made for a certain kind of movie : thriller, western, giallo, sfx, blaxploitation and B movies. All the known and unknown musicians will be reviewed sunday after sunday.

This sunday, the show will be dedicated to the groovy music of Calibro 35, an Italian band specialized on covering 60's70's Italian B-Movies Soundtracks. Discovery of their universe throughout an interview recorded during the Offscreen festival, Brussels, March 2012

Broadcasted on Radio Vibration 107.2fm from one pm till two pm every sunday in Bruxelles and also on Electro FM 91.0 fm, same day from two pm till three pm.http://www.radiovibration.be/




http://www.mixcloud.com/colonelsweetback/sweetback-sunday-number-38/http://www.mediafire.com/?d3626kr3iqgjnkl





Calibro 35, l'interview :


Pour commencer, pourriez vous vous présenter aux auditeurs ...

Enrico Gabrielli - Nous sommes le groupe Calibro 35. Nous sommes musiciens. Ni comédiens, ni acteurs, seulement musiciens. A la basse il y a Luca Cavina, le batteur s'appelle Fabio Rondanini. Massimo Martellotta est guitariste et moi, Enrico Gabrielli, je suis aux clavier, xylophone, flûte et saxophone.
Enfin Tommaso Colliva qui n'est pas là aujourd'hui mais qui est en vie hein, ne vous inquiétez pas, est le cerveau du groupe à la fois producteur et ingénieur du son.

Racontez nous comment le groupe est né et comment vous avez commencez à travailler ensemble ...

Enrico Gabrielli - Tout ça nous ramène en 2007. J'étais au South by Southwest Festival à Austin au Texas et Tommaso a eu un genre de révélation. Il m'a dit : la plupart des films italiens ne sont célèbres que grâce à leur bandes originales, il faut créer un groupe qui fasse des reprises de ces musiques de films !
Donc il appelle Massimo avec qui il est ami depuis longtemps, Fabio, il m'appelle aussi, moi j'appelle Lucas et nous voilà en studio a essayer de réaliser des morceaux.
Au départ il était seulement prévu de réaliser un disque où on reprendrait les musiques de films de Ennio Morricone ou Riz Ortallani, mais uniquement juste comme un travail en studio.
Et puis en Janvier 2008, on a fait notre premier concert, au Luxembourg, je crois. Nous n'avons pas commencé en Italie, c'était au Luxembourg puis en Belgique juste après, à Hasselt. C'est drôle de penser qu'en tant que groupe live nous sommes né au Benelux.
A l'époque ce n'était qu'un side project puisque nous jouions tous dans d'autres groupes du coup quand on devenait Calibro 35, on jouait vraiment pour le plaisir, sans trop réfléchir, c'étaient souvent de très bons moments pour nous.

Est-ce que vous travaillez toujours sur d'autres projets en parallèle de Calibro 35 ?

Fabio Rondanini - Non, nous ne sommes plus un side group, maintenant c'est notre projet principal.

Parlons de votre nouvel album « Ogni riferimento a persone esistenti o a fatti realmente accaduti è puramente casuale » ...
Enrico Gabrielli - Vous pouvez le traduire en Français ?
« Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »

Enrico Gabrielli - Très fantastique (en français dans le texte) !

Massimo Martellotta - C'est drôle. Le disque est sorti aux États-Unis, nous avons dû traduire le titre en anglais et notre label à New York nous a assuré que le message était tout à fait clair même pour le public américain. 

C'est vrai, c'est un excellent titre, ça résume vraiment bien l'esprit du groupe ! C'est donc là votre troisième album (si on ne compte pas la compilation « Rare »), la première chose qui frappe c'est qu'il contient beaucoup moins de reprises que les précédents. Mais je crois qu'à chaque album vous essayez quelque chose de différent, un nouveau concept, pourriez-vous nous expliquer ?

Massimo Martellotta - En effet on a réalisé trois albums. Le premier est essentiellement constitué de reprises des musiques de Morricone ou Ortolani, plus deux compositions à nous.
Pour le second nous nous sommes essayé à une sorte de réalisation de bande son puisque un réalisateur américain, Mike Malloy, nous a contacté pour faire la musique du documentaire « Eurocrime ». On a eu énormément de plaisir à composer des morceaux dans l'esprit des bande originales de l'époque, de Micalizzi, de Morricone. C'était un genre d'exercice de style très agréable.
Enfin pour le troisième, nous n'avons presque que des compositions à nous dedans. On était au Texas, une nouvelle fois, là où tout a démarré au South by Southwest festival mais cette fois en tant que Calibro 35, et on a décidé de rester un peu plus longtemps aux États-Unis pour enregistrer à New York où se trouve notre label. Donc on a décidé de s'enfermer en studio sans avoir la moindre idée de ce qu'on allait faire. On a dû écrire quelque chose comme vingt morceaux en trois jours. 

Trois jours ? J'avais entendu parler de cinq jours d'enregistrement ?

Luca Cavina - On est plus fort que Dieu lui même !

Massimo Martellotta - Trois jours en fait parce qu'on est arrivé le premier et reparti le cinquième, ce ne sont pas des jours où nous avons vraiment travaillé. Donc trois jours à composer pour de vrai.

Est-ce important pour vous de vous imposer une limite de temps lorsque vous travaillez à l'enregistrement de vos morceaux ?

Massimo Martellotta - Il y a de ça en effet. On ne se laisse jamais trop de temps pour enregistrer. Nous nous imposons toujours une date limite, comme ça nous n'avons pas d'excuse pour reprendre nos morceaux encore et encore.
Nous faisons deux ou trois prises et c'est tout. C'est un choix de production. En s'empêchant de rester trop longtemps sur nos compositions, on donne une certaine fraîcheur à nos morceaux et les petites erreurs qui restent donnent une spontanéité et un relief supplémentaire à ce que nous faisons.
C'est l'attitude qu'avaient les compositeurs auxquels nous faisons référence, des musiciens qui pouvaient enregistrer jusqu'à trois bandes originales par jour. Ils faisaient une prise et c'était la bonne.

Sur ce troisième album je trouve que le son a évolué vers quelque chose de plus Funk. Avez-vous la sensation que votre musique a changé ?

Enrico Gabrielli - C'est possible que notre musique ait changé, oui. C'est l'attitude qui est restée la même. Nous ne passons jamais trop de temps en production car nous ne voulons pas réfléchir trop longtemps sur chacune de nos création. Nous ne savons pas si notre musique a changé ou pas, ce qui est sûr c'est que l'esprit, lui, est resté le même.
La grosse différence pour cet album c'est que nous nous sommes retrouvés tous réunis en même temps en studio à Brooklyn. En Italie c'est parfois difficile à faire car nous n'habitons pas dans les mêmes villes, que certains d'entre nous ont une famille ...

Luca Cavina - Je ne pense pas que ça vienne de l'inspiration que nous a donné New York ou Brooklyn, je crois que c'est le fait de se retrouver en studio avec l'obligation d'enregistrer quelque chose, à la manière des producteurs de musique de film des 70's. On a du faire de notre mieux dans un laps de temps très court. C'est peut-être notre premier vrai album studio et nous avions sans doute peur de manquer d'inspiration. On est arrivé aux États-Unis, en studio sans avoir la moindre idée. On a tout écrit en cinq jours, parce qu'il y a bien eu cinq jours (rires) !
En fait c'est justement le fait d'avoir très peu de temps qui nous a rendu aussi productif. Quelque chose comme la « Fear of the Darkness » (la peur des ténèbres -ndlr) ... je suis un grand fan d'Iron Maiden (rires) !!

J'aimerai revenir sur le documentaire « Eurocrime » dont vous avez réalisé une partie de la musique. Il y a un autre groupe italien qui a composé pour ce film, il s'appelle Glow in the Dark, est-ce que vous les connaissez ?

Enrico Gabrielli - Ce documentaire n'est jamais sorti ! Nous en avons réalisé la bande son mais il n'est pas encore sorti à ma connaissance.

Mike Malloy est actuellement en tournée en Europe pour y faire distribuer son film et il m'a lui-même confirmé qu'un autre groupe avait travaillé sur la musique ...

Enrico Gabrielli - Je crois que ... (puis en italien vers les autres membres du groupe) nous sommes bien les seuls sur la B.O, non ?

Massimo Martellotta - Je ne sais pas s'il a finalement décidé d'inclure d'autres titres par d'autres groupes ou même des amis à lui. Quand Mike Malloy nous a contacté, il en était encore au tout début de ce projet et il pouvait encore partir dans toutes les directions pour son film. C'était encore une idée assez vague plus que quelque chose de concret.

Mais est-ce que vous connaissez cet autre groupe ? Glow in the Dark ? Moi-même je ne sais pas exactement quelle est leur implication dans le projet ...
Massimo Martellotta - Non, c'est possible qu'il y ait un autre groupe, le projet a grossi mois après mois. A chaque fois que nous nous parlions il était comme un gosse du genre : « Hey tel acteur a accepté de participer » ou « Hey j'ai un nouveau sponsor » ! Il était plein d'idées et d'énergie comme le sont souvent les réalisateurs. 

Enrico Gabrielli - On l'a rencontré il y a deux ans à Los Angeles. Il est très jeune. Il m'a fait pensé à un genre d'étrange ... Marine !

Massimo Martellotta - Marine selon l'imagerie des 50's tu vois ?

Enrico Gabrielli - Un peu comme Elvis pendant la seconde guerre mondiale (rires) ! Je crois qu'il pourrait devenir acteur. Il a un physique qui pourrait intéresser Quentin Tarantino.
Pour revenir à notre participation musicale, Massimo a écrit beaucoup de chansons pour lui. Mike et lui était en contact presque tous les jours.

Massimo Martellotta - C'était un peu piégeant parce que c'était le tout début du projet. Il me disait : Écris-moi quelque chose comme du Micalizzi ou Fais-moi quelque chose comme « Tension » si bien qu'en trois jours je lui avais composé une dizaine de morceaux, je les lui ai envoyé et je ne sais pas ce qu'ils sont devenus ni la manière dont il les a utilisé.
Mais bon, on lui a écrit un morceau qui s'appelle « Eurocrime », on espère bien sûr que ce sera la titre principal !

Toujours à propos de cinéma : votre musique a aussi été utilisé dans le film « Red » avec Bruce Willis. Avez-vous vu le film ?

Massimo Martellotta - Oui. Tu l'as vu aussi ?

Oui.

Massimo Martellotta - Qu'est-ce que tu en a pensé ? (et après quelques secondes de silence) Je n'aime pas la tête que tu fais (rires) !!

Je ne parles pas de votre musique là !

Massimo Martellotta - Bon, OK, on reprend. Tu as vu le film ? Oui, la musique est super ...

Sérieusement, ce doit être fou d'être contacté pour apparaître dans le soundtrack de ce genre de production ! Comment cela c'est-il passer ?

Massimo Martellotta - Évidemment ! Ça commence par un coup de téléphone, tout ce qu'il y a de plus normal, de la part du label New Blue Records à New York. Il nous appelle et nous dise très simplement : Oh il y a ce film avec Bruce Willis, John Malkovitch, Morgan Freeman et d'autres stars d'Hollywood, ils veulent utiliser votre musique. Moi : Ok c'est une blague, je raccroche. Ça sonne à nouveau. Eux : Non, ce n'est pas une blague ! Moi : d'accord, on lui dira, je raccroche. Troisième sonnerie ... 
Jusqu'à ce qu'on ait vu le film en Italie, on n'y croyait pas. Mais c'est super. En plus je trouve le film assez cool, c'est du divertissement de base mais c'est bien écrit. C'est léger mais bien fait.

Enrico Gabrielli - Je crois que c'est dans la tradition ! Nous avons énormément de films d'action qui sont très mauvais mais dont la musique est excellente. C'est une véritable tradition pour nous ! On ne veut pas de films d'auteurs, donnez-nous Bruce Willis (rires) !!

Luca Cavina - De plus la production nous a obligé par contrat à dire que c'est un bon film, sinon ils ne mettait pas nos morceaux dedans (rires).

Sur votre dernier album il y a un morceau qui sonne très psychédélique et rock indien, « New New Delhi » : y a-t-il d'autres influences que le cinéma italien que vous aimeriez explorer à l'avenir ?

Enrico Gabrielli - Tu veux dire la Space Music ou le rock de drogués ? Ouais pourquoi pas (rires) !! Je pense que la musique psychédélique est une influence vers laquelle on pourrait se tourner de temps en temps. C'est la première fois que l'on s'essaye à de telles influences mais c'est bien le coté psychédélique qui nous a intéressé, plus que l'aspect ethnique ou World Music.
Mais j'insiste encore, nous n'avons pas consciemment voulu nous tourner vers des sonorités indiennes ou asiatiques quand on a enregistré, on ne pense pas notre musique de cette façon. On l'a fait de manière totalement naturelle et spontanée. On était à New York où cohabitent plein de cultures différentes, c'était peut-être juste ça.
Si on enregistre en Italie à nouveau je pense qu'on fera de la Tarantella (musique et danse traditionnelle italienne -ndlr) !

La scène progressive a connu de beaux jours en Italie avec des groupes comme Tangerine Dream (qui a aussi signé des soundtracks pour Michael Mann par exemple), avez-vous déjà eu envie de partir dans cette direction ? Ou vers des reprises plus folles à la manière de John Zorn par exemple ?

Enrico Gabrielli - Je crois que nous sommes bien plus proche de John Zorn que de la musique progressive. Nous nous sommes tout de même penché dessus une fois pour un concert en Italie, une nuit de l'horreur où nous avons interprété des morceaux extraits des bandes originales de films d'horreur italiens, des titres de Goblin par exemple. Pour moi Goblin est un groupe intéressant, c'est le coté sombre de la scène progressive italienne. Mais de manière générale, nous n'avons pas d'inclinaison pour ce genre de musique.

Fabio Rondanini - Je déteste la musique progressive.

Pour terminer, y a-t-il un réalisateur ou un projet pour lequel vous aimeriez produire de la musique aujourd'hui ?

Enrico Gabrielli - Ce serait génial de faire la musique d'un dessin animé, avec Katsuhiro Otomo par exemple, c'est un réalisateur japonais que j'aime beaucoup ; Un film d'animation plutôt qu'un film avec de vrais acteurs. Ou alors un film d'action à l'italienne avec un réalisateur japonais de dessin animé, ça ce serait l'idéal pour moi ... pour moi seul d'ailleurs je crois (rires) !

Pourquoi cette préférence pour un film d'animation ?

Enrico Gabrielli - Je trouve que c'est vraiment difficile de créer de bonnes scènes d'action aujourd'hui, il y a trop d'effets spéciaux, ce n'est plus vrai. Ce qui est passionnant dans les vieux films c'est qu'ils n'avaient pas tous ces artifices digitaux. Ce qui m'intéresse dans un film d'animation c'est qu'il offre un autre type d'action et que tout peut s'y passer de manière naturelle, sans ajouts techniques ... et puis j'adore les cartoons, ça doit être pour ça aussi (rires) !


Interview réalisée par Colonel Sweetback et Rémy Révérend D. Corrèze.






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